12 février 2018

Couécou est rentré aux vestiaires à genoux

LE JOUR OÙ...

Trois jours auparavant, Nantes s’est incliné sur le terrain de l’AS Saint-Etienne (2-0) en quart de finale aller de la Coupe de France. Les deux équipes en ont décousu « à la savate », l’arbitre distribuant cinq avertissements à la volée. C’est qu’on ne s’aime guère entre Verts et Canaris depuis que le défenseur stéphanois Alain Merchadier a (trop) durement taclé Angel Marcos lors d’un match récent de championnat. Diagnostic : une déchirure des ligaments du genou pour l’attaquant nantais.

L’ambiance entre les deux équipes est électrique et, à la fin du match aller, tous les Nantais, revanchards, se lâchent devant les micros : « Attendez le retour ! » Il ne se passera rien d’autre que du football, le mercredi 18 avril 1973, au stade Marcel Saupin.
Le tourbillon nantais se traduit par des buts d’Osman, de Couécou et de Bargas, cependant insuffisant compte tenu de la réduction du score de Jacquet. La rivalité entre les deux équipes doit être tranchée pendant la prolongation.

L’occasion, pour Couécou, d’entrer une nouvelle fois en action. Sa mauvaise réputation lui colle à la peau, ses duels avec les défenseurs sont musclés et ses démêlés avec les arbitres épiques. Toutefois, son adaptation au jeu nantais, lui l’ancienne gloire de l’OM, est plus qu’imparfaite. Il perd du poids, s’interroge et son entente sur le terrain avec ses coéquipiers n’est pas des meilleures.

Mais, ce soir-là, il a l’art d’oublier ses jambes en coton et de ranimer la flamme. A la 104e minute, il offre la victoire à son équipe, confortée par un autre but de Michel. Lorsque l’arbitre siffle la fin du match, Couécou, comme il l’avait promis, rentre à genoux aux vestiaires pour remercier le dieu de la chance. Et pour narguer, une dernière fois, ses adversaires, pour le plus grand délice de la presse qui se délecte de ses provocations.


UN JOUR, UNE DECLARATION

Maxime Bossis
« Dans la tête de Suaudeau, l'équipe de 1983 a toujours été la meilleure. Moi, je trouve que c'est compliqué, voire impossible de comparer. C'est comme lorsque l'on essaye de comparer Maradona avec Pelé ou Zidane avec Platini. Le débat est un peu ridicule, car il y a une différence d'époque. »
Avril 2007


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Par Denis Chaumier