20 avril 2018

La grève a coûté six buts

LE JOUR OÙ...

Lorsqu’ils se présentent à Monaco, le 26 avril 1952, pour la 30e journée de championnat de Deuxième Division, les Nantais n’ont plus trop le choix : il leur faut absolument ramener des points du déplacement en Principauté pour espérer encore accéder à l’élite.

Les rencontres précédentes ont été décevantes et Emile Veinante, l’entraîneur du FC Nantes, a dû remobiliser ses troupes pour aborder le sprint final. Malheureusement, la partie s’engage sur de mauvaises bases : rapidement, Battistella ouvre le score pour Monaco et Anton Bauman, blessé, doit laisser ses partenaires en infériorité numérique peu avant la mi-temps.

Pourtant, à force de volonté et de courage, les Nantais parviennent à revenir au score par Ferrier à vingt minutes de la fin. Ils croient alors en son étoile et repartent de plus belle à l’offensive.
Hélas, dans les minutes qui suivent l’égalisation, Monaco reprend l’avantage sur un but jugé hors-jeu par les défenseurs nantais. Ils ont beau protester, rien n’y fait.

Les Canaris se jettent à nouveau à corps perdu dans la bataille et, comme par miracle, ils égalisent. C’est du moins ce qu’ils considèrent, l’arbitre annule en effet le but pour... hors-jeu !

C’en est trop : la colère gagne les rangs nantais qui, sur le champ, en guise de protestation, décident de faire... grève ! Gerrit Vreken, qui joue gardien ce jour-là, s’assied en position de tailleur au pied de son poteau, range ses gants et regarde les buts passer. Ainsi, en l’espace de six minutes, Nantes en encaisse la bagatelle de six par Conti (81e, 82e, 84e), Rabstejnek (83e), Olmiccia (86e) et Linder (88e). Une débandade que traduit le tableau d’affichage : 8-1 en faveur de Monaco !

Quand la saison se termine, le 24 mai, par une victoire contre Angers (3-2), le FC Nantes obtient certes, avec sa 4e place, le meilleur classement de sa (courte) histoire, mais un sentiment d’inachevé habite tout de même les esprits : il n’y aura pas de montée !


UN JOUR, UNE DECLARATION

Didier Deschamps
« Loïc Amisse m'a appris des tas de trucs, des détails qui comptent. Je le respecte beaucoup. Il a toujours eu le regret de ne pas avoir tenté une expérience hors de Nantes. J'ai longtemps gardé cette remarque en tête. »
Juin 2007


LA LEGENDE DU FC NANTES
1943-2018 : 75 ANS D’HISTOIRE
Par Denis Chaumier