21 janvier 2020

''Il a toujours donné satisfaction''

Nicolas Belvito

Nicolas Belvito, récemment retraité du monde professionnel, a performé en National dans les rangs de l’US Orléans lors de la saison 2012-2013 au coté d’Emiliano, . Il se souvient d’une très belle complicité avec l’Argentin sur le terrain, sans doute la plus belle de sa carrière.

HUMAINEMENT

Nicolas BELVITO : "C'est particulier parce que c'était son premier prêt et moi, je ne faisais pas partie des plus vieux mais j'avais déjà 25 ans. Lui, était bien plus jeune et on avait un groupe dans lequel il y avait pas mal "d'anciens". Il a plus intégré le "groupe des minots" mais je garde l'image de quelqu'un d'assez réservé."

LA SAISON ENSEMBLE

"Je sortais d’une grosse saison à Cherbourg et lui arrivait d’un centre de formation, avec un fort potentiel. Lors de la première partie de championnat, on évoluait avec une pointe devant donc on se partageait le temps de jeu. On ne trouvait pas trop nos repères et collectivement, c’était compliqué. La difficulté aussi pour le coach, c’est qu’avec Emi, nous étions deux compétiteurs. La concurrence a toujours été saine et loyale dans le sens où on se respectait, mais on ne se faisait pas de cadeaux. C’est ce qui nous a fait avancer tous les deux dans nos carrières. Finalement, lors de la phase retour, on change de dispositif pour jouer en 3-5-2. On a réussi à trouver notre alchimie et on a pris beaucoup de plaisir à évoluer ensemble. De toutes les équipes dans lesquelles j’ai pu jouer, cette entente a été la meilleure."

SPORTIVEMENT

"Emi, c’est l’exemple du gars dont tous les joueurs prêtés devraient s’inspirer. Il faisait preuve de beaucoup d’implication et d’un très grand professionnalisme. Aujourd’hui, de nombreux jeunes qui sont en prêt voient ça comme une régression. Ils prennent ça pour un échec alors qu’au final, ce ne sont que des étapes pour pouvoir s’installer durablement. Peu importe les prêts proposés, Emiliano a toujours rempli ses objectifs et donné satisfaction par amour du football. Grâce à ça, il a pu aller chercher de nouveaux défis.

J’ai rejoué l’année suivante en L2 quand il évoluait à Niort et moi à Créteil et je l’ai vu s’étoffer et énormément progresser avec les Chamois. Son jeu était plus épuré, moins brouillon et il se montrait encore plus lucide. J’aurais pu émettre quelques petites interrogations concernant son aspect technique, et sur le fait de passer les échelons et de performer en Ligue 1. Je parle dans le jeu parce que sinon, l’instinct du buteur et le jeu dans la surface, il l’avait dès le départ et il n’a fait que l’améliorer. Son début de saison 2018-2019 exceptionnel, c’était simplement la continuité de son travail."

UN JOUEUR MODÈLE ?

"Emi, c'est l'exemple du gars, dont tous les joueurs prêtés devraient s'inspirer. Il faisait preuve de beaucoup d'implication et d'un très grand professionnalisme. Aujourd'hui, de nombreux jeunes qui sont en prêt voient ça souvent comme une sanction, une régression. Ils veulent très vite arriver au haut niveau et prennent ça pour un échec alors qu'au final, ce sont que des étapes pour pouvoir s'installer durablement. Peu importe les prêts proposés et par l'amour de jouer au football, il a toujours rempli ses objectifs donnés et donné satisfaction. Grâce à ça, il a pu aller chercher des nouveaux défis."

UNE ANECDOTE

"Quand on faisait des toros au début de l'entraînement, pour s'échauffer, les "anciens" n'aimaient pas quand il était au milieu. Il taclait, se jetait très vite et très fort, comme si le joueur en face était un adversaire. Dès qu'il fallait mettre des coups dans les chevilles, il y allait. Il était jeune, on l'excusait et c'est aussi pour ça qu'on l'aimait, pour toute cette générosité."

Par M.G - Photo UNE : MDA Foot - Léo Calistri photography