Musée des canaris Blason

11 février 2018

Touré a été comparé à un Brésilien

LE JOUR OĂ™...

Derrière les micros de TF1, Jean-Michel LarquĂ© et Thierry Rolland, les deux commentateurs du soir, s'extasient. Le premier sort son plus beau lexique - « LĂ , regardez, hop le contrĂ´le, dans la niche » - et le second, spontanĂ©ment, envoie du « oh, le BrĂ©silien ! » pour dĂ©crire le bijou de JosĂ© TourĂ©.

Le 11 juin 1983, Nantes vient de prendre l’avantage face au Paris Saint-Germain en finale de la Coupe de France, par la grâce d’un but hors du commun. Peu avant la mi-temps, les Nantais rayonnent de tous leurs feux et semblent pousser leurs adversaires au bord de la rupture. Ils chantent et dansent sur la pelouse du Parc des Princes, comme ce magnifique José Touré qui jaillit de tous les postes de télévision de France pour offrir à tous les amoureux en délire un but à la Pelé : amorti aérien de la poitrine sur un centre d’Adonkor, coup de rein avec deux caresses successives du pied droit pour apprivoiser le ballon et reprise de volée du pied gauche, dans un angle réduit, pour tromper Baratelli.

Debout, on applaudit l’artiste et on s’apprête à saluer les conquérants vêtus de jaune qui, à leur exceptionnelle maîtrise collective, ajoutent le piment des exploits individuels. A la mi-temps, dans le vestiaire des Nantais, règne une véritable euphorie collective, née d’une exceptionnelle vibration individuelle. Mais la merveilleuse élégance de José Touré n’y suffira malheureusement pas. La fin du match est vertigineuse et, quelque part, hallucinante. Paris, revenu du néant, secoue les Jaunes au point de les faire craquer dans les ultimes minutes. Le FC Nantes ne réalisera pas le doublé qu’il tenait pourtant dans ses mains mais il laissera, pour l’éternité, une image : celle d’un « Brésilien » qui, en un geste, a montré ce que le football peut délivrer lorsqu’il est porté à l’incandescence.


UN JOUR, UNE DECLARATION

René Girard
«Si vous savez au bout de dix matchs qu’on s’est trompés, moi je ne le sais pas. Vahid Halilhodzic, pendant un an, vous l’avez massacré ici, et aujourd’hui, c’est un dieu. »
Novembre 2016


LA LEGENDE DU FC NANTES
1943-2018 : 75 ANS D’HISTOIRE
Par Denis Chaumier