Musée des canaris Blason

11 avril 2018

Fonteneau a piqué une colère

LE JOUR OĂ™...

Lorsque le mardi 17 septembre 1985, le FC Nantes de Jean-Claude Suaudeau débute sa carrière au premier tour de la Coupe de l’UEFA à Reykjavik, le temps est frisquet dans la capitale islandaise, balayée par un vent qui décoiffe.

Les Nantais qui disputent le 43e match européen de leur histoire ne sont pas exagérément inquiets. Ils n'ont pas vraiment tort. Les statistiques des clubs islandais en Coupes d'Europe ressemblent à peu de chose près à l'encéphalogramme d'un saumon... Eh bien, qu'à cela ne tienne !

Dans le stade champêtre Hlíarendi, à l'ouest de Reykjavik, où 2 000 spectateurs prennent place pour applaudir le Valur, l’un des clubs les plus respectés du pays, le FCN va se charger d'écrire un chapitre bien peu glorieux. Au terme des quatre-vingt-dix minutes de jeu de cette première manche, absolument calamiteuses pour les Canaris, Jean-Paul Bertrand-Demanes va encaisser deux buts dont l’un à trois minutes de la fin, José Touré signant pour sa part la réduction du score en cours de deuxième mi-temps. 2-1 : il s'agit là de la première victoire d'un club islandais, donc amateur, sur un club professionnel.

L’événement est considérable. En patientant à l'aéroport, dans l’attente de l’avion du retour pour Nantes, le président Louis Fonteneau, accablé par une telle contre-performance, confie sur le ton de la colère : « Je me demande si je vais leur donner leur chèque de fin de mois ; peut-être ne les paie-t-on pas assez... »

Quant à Jean-Claude Suaudeau, il lâche, excédé : « Je veux bien être responsable des défaites du club, mais pas des conneries des joueurs ! » Une fois revenus sur leurs terres, les Nantais, fort heureusement, reprendront la main en battant les Islandais (3-0, deux buts d’Amisse, un de Touré), avant de poursuivre une campagne européenne plus réjouissante, jusqu'en quart de finale, l’Inter Milan leur barrant l’accès au dernier carré.


UN JOUR, UNE DECLARATION

Daniel Eon
« En réalité, en 1965, on est devenu champion de France presque sans s'en apercevoir. »
Juillet 1974


LA LEGENDE DU FC NANTES
1943-2018 : 75 ANS D’HISTOIRE
Par Denis Chaumier